Archive pour février 2012
Les parents sont des personnes et non des dieux
Santé et éducation des enfants
Les parents sont des personnes et non des dieux
Les parents oublient qu’ils restent des humains qui commettent des erreurs, des personnes qui gardent leurs limites personnelles.
Les enfants aiment mieux avoir comme parents des personnes et non des dieux. Vous pouvez vous accepter en tant que personne, éprouver de sentiments positifs aussi bien que des sentiments négatifs à l’égard des enfants.
Le parent qui est une vraie personne ressent parfois de l’acceptation pour ce que fait un enfant et à d’autres moments non.
La ligne de démarcation entre acceptation et non-acceptation n’est pas statique. Elle est affectée par plusieurs facteurs dont en particulier l’état d’esprit du parent et la situation dans laquelle parents et l’enfant se retrouvent.
Il est donc inévitable que les parents soient quelquefois inconstants. Comment pourrait-il en être autrement puisque leurs sentiments changent selon les jours, selon les enfants et selon les situations. D’après les notions traditionnelles, les parents doivent s’appuyer mutuellement afin d’amener l’enfant à croire que tous les deux réagiront toujours de la même façon devant un comportement particulier.
Aucun parent ne peut ressentir une acceptation globale pour tous les agissements de son enfant. Certains comportements de l’enfant se trouveront inévitablement dans la zone d’inacceptation du parent.
Les enfants, comme tout le monde le sait, sont extrêmement sensibles aux attitudes de leurs parents.
Le parent le plus difficile à affronter peut-être le parent qui se répand en paroles mielleuses, se montre permissif, très peu exigeant et qui paraît toujours d’accord, mais communique subtilement sa non-acceptation.
Dans une relation aussi intime et permanente que celle qui s’établit entre parents et enfants, il est très rare que le parent puisse réussir à cacher ses vrais sentiments à l’enfant.
III : Comment écouter pour que vos enfants vous parlent : le langage de l’acceptation
Lorsqu’une personne est capable de ressentir et de communiquer une acceptation authentique à une autre, elle est en mesure de devenir un agent d’aide important pour cette dernière. Lorsqu’une personne sent qu’elle est vraiment acceptée, telle qu’elle est, elle peut alors commencer à évoluer.
Les enfants deviennent généralement ce que leurs parents leur disent qu’ils sont.
En plus de cet effet, le langage de l’inacceptation isole les enfants. Ils cessent ainsi de parler à leurs parents. Ils apprennent qu’il vaut mieux garder leurs sentiments et leurs problèmes pour eux-mêmes.
Le langage de l’acceptation crée des enfants francs et ouverts. Il les rend libres de parler de leurs sentiments et de leurs problèmes.
Accepter un autre « tel qu’il est », c’est vraiment un acte d’amour ; se sentir aimé, c’est se sentir accepté.
Il est vrai que l’acceptation découle tout d’abord de l’intérieur, mais pour qu’elle devienne une force positive et influence efficacement les adultes, elle doit être activement communiquée ou démontrer.
Nous émettons des messages au moyen de la parole ou par le biais des messages non verbaux. Ils sont communiqués par les gestes, les attitudes, les expressions du visage ou d’autres comportements.
Les parents peuvent démontrer leur acceptation envers un enfant en n’intervenant pas dans ses activités.
Ne rien dire peut aussi communiquer clairement l’acceptation.
Chaque fois que vous parlez à un enfant, vous ajoutez une pierre à l’édifice de la relation qui se bâtit entre lui et vous.
Une des façons les plus efficaces et les plus constructives de répondre aux messages des enfants sur leurs sentiments ou leurs problèmes est la « simple réception » ou l’invitation à en dire davantage.
Beaucoup plus efficace que l’écoute passive (le silence), l’écoute active est une façon remarquable d’impliquer et l’émetteur et le récepteur du message. Le récepteur y est actif tout comme l’émetteur.
Chaque fois qu’un enfant décide de communiquer avec un parent, il le fait parce qu’il a un besoin.
Dans l’écoute active, le récepteur essaie de comprendre ce que ressent l’émetteur, de saisir ce que son message veut dire. Ensuite, il transforme sa compréhension dans ses propres mots et retourne le message à l’émetteur pour vérification.
Il retourne seulement ce qu’il pense être le sens véritable du message de l’émetteur, rien de plus, rien de moins.
Après avoir été exprimés, bien souvent les sentiments semblent disparaître comme par magie.
L’expérience de se sentir écouter et compris par une autre personne apporte tellement de satisfaction qu’invariablement l’émetteur ressent de la sympathie pour celui qui l’écoute.
Dans l’empathie, on devient cette autre personne pour le temps où on se met à sa place.
Un tel acte implique une profonde affection et un amour pour l’autre.
Comme l’écoute active est tellement efficace à faciliter l’expression verbale, elle aide une personne dans sa recherche de solutions à ces problèmes.
On doit sincèrement être capable d’accepter les sentiments de l’autre, quels qu’ils soient, aussi différents qu’ils puissent être de ses propres sentiments ; on doit pouvoir mettre de côté son idée des sentiments que l’enfant « devrait » ressentir.
L’écoute active exige de toute évidence qu’on fasse abstraction de ses opinions et de ses sentiments pour ainsi porter une attention exclusive aux messages de l’enfant. Elle exige une perception exacte ; si le parent veut comprendre le message avec le sens que lui donne l’enfant, il doit se mettre lui-même à la place de l’enfant, se « mettre dans sa peau », entrer dans son champ de référence, dans sa perception de la réalité.
La personne qui écoute peut ainsi changer ses opinions et ses attitudes. En d’autres mots, on est transformé par ce qu’on comprend vraiment.
IV : L’application de vos capacités d’écoute active
L’écoute active ne provoque pas toujours en changement spontané. Fréquemment, l’écoute active déclenche plutôt une série d’événements dont la conclusion peut ne pas parvenir à la connaissance du parent ou encore prendre un certain temps avant de devenir apparente. Cela se produit bien souvent, car l’enfant après coup trouve de lui-même une solution.
L’écoute active peut faire des merveilles pour transformer une maison en un lieu où les parents et les enfants peuvent se rencontrer et traiter en profondeur les problèmes à la fois complexes et critiques auxquelles les enfants ont à faire face.
L’écoute active est une technique d’orientation. Les parents qui l’emploient pour diriger ou transformer leurs enfants émettront des messages indirects, déformations, idées, ou pressions subtiles.
Le code n’est pas le message ; le parent doit le décoder.
L’empathie signifie que la personne qui écoute fait comprendre à l’émetteur d’un message qu’elle partage ses sentiments, qu’elle se met à sa place et vit pour un moment comme si elle était l’émetteur du message.
À certains moments, les enfants n’ont pas le goût de parler de leurs sentiments. Ils peuvent vouloir vivre leurs sentiments pendant un certain temps. Ils peuvent trouver trop pénible d’en parler tout de suite.
V : Comment écouter des enfants trop jeunes pour s’expliquer
Pour employer l’écoute active avec les enfants plus jeunes, les parents doivent comprendre la communication non verbale et trouver une façon de répondre effectivement aux messages non verbaux qu’émettent les jeunes enfants.
Le parent reçoit un message non verbal (les pleurs) et il doit employer un procédé de décodage pour en arriver à comprendre ce qui se passe chez l’enfant. Puisque le parent ne peut pas employer une réponse verbale pour vérifier la justesse de son interprétation, il doit employer une méthode non verbale ou répondre par des gestes.
Beaucoup de parents sont trop pressés de régler les problèmes de leurs enfants. Ils veulent tellement aider l’enfant ou encore ils éprouvent un tel malaise (il n’accepte pas) à voir leur enfant en difficulté qu’ils se sentent obligés de prendre la responsabilité du problème et d’offrir rapidement une solution à l’enfant.
VI : Comment parler pour que vos enfants vous écoutent
Lorsque le parent a un problème, il se trouve devant plusieurs solutions :
- il peut essayer de modifier l’attitude de l’enfant
- il peut essayer de modifier l’environnement
- il peut essayer de se modifier lui-même.
Les parents emploient souvent des méthodes de communication inefficaces lorsque le comportement de leurs enfants dérange leur vie.
On s’abstient naturellement de commander, de demander, de menacer ou de conseiller à ses amis de modifier leur comportement d’une certaine façon ; cependant, en tant que parent, on le fait tous les jours avec ses enfants.
Comment voulez-vous que les enfants apprennent à agir de façon responsable quand les parents leur enlèvent toutes les chances de poser d’eux-mêmes des actes responsables, par simple considération des besoins de leurs parents ?
Les messages dévalorisants amènent l’enfant à se sentir inférieur à la situation, ils réduisent l’estime qu’il a de lui-même.
Par contre, lorsqu’un parent dit simplement à un enfant le sentiment que provoque chez lui un comportement inacceptable, le message est en général un « message je ». Ces messages aident l’enfant à se développer et à apprendre à assumer la responsabilité de ses actes.
VII : L’application du « message je »
Pressés de « faire la leçon » à nos enfants, nous laissons passer de magnifiques chances de leurs enseigner des points beaucoup plus fondamentaux. Nous oublions, par exemple, de leur montrer que nous les aimons beaucoup.
Lorsqu’un parent atténue son « message », il perd son impact sur l’enfant et ne modifie pas son comportement.
Comme réaction secondaire, la colère devient presque toujours un « message tu » qui communique un jugement ou un blâme à l’enfant.
Chaque fois qu’on se fâche contre quelqu’un, on monte un bateau, on joue un rôle pour affecter l’autre, pour lui montrer qu’il nous a choqués ; on essaye ainsi de faire la leçon et de le convaincre qu’il ferait mieux de ne pas recommencer.
Nous aidons les parents à identifier le sentiment premier lorsque des situations semblables se présentent à la maison. Ils apprennent à exprimer leur sentiment premier plutôt que de décharger les réactions de colère qui leur viennent ensuite à l’esprit.
Les enfants, tout comme les adultes, bien souvent ne savent pas comment leur comportement affecte les autres.
L’enfant négligent se transforme souvent en enfant prévenant, dès qu’il a compris l’impact de son comportement sur les autres.
Les enfants peuvent être réceptifs et responsables si seulement les adultes prennent le temps de se mettre à leur porter.
Lorsqu’ils arrivent à l’âge de deux ans, la plupart des enfants ont déjà appris à distinguer chez leurs parents l’acceptation de l’inacceptation.
Les très jeunes enfants sont aussi tellement sensibles aux messages non verbaux que souvent les parents n’ont pas besoin d’employer de mots pour faire comprend plusieurs de leurs sentiments à leur enfant.
Tout ce que l’enfant désir est de faire comprendre ses sentiments : alors il se sent disposé à adopter une attitude constructive fasse à vos sentiments.
Quelquefois l’enfant refuse de modifier sa façon d’agir, même après qu’il ait compris l’impact de ce comportement sur le parent.
VIII : Changer un comportement inacceptable en modifiant l’environnement
Souvent les enfants ont un comportement « inacceptable » parce que leur environnement est trop difficile et complexe pour eux.
Ne pas offrir d’alternative à un enfant avant de lui enlever quelque chose risque souvent de produire de la frustration et des larmes. Par contre, les enfants acceptent fréquemment un substitut sans causer de problème pourvu que le parent l’offre gentiment et calmement.
Les enfants ont une capacité étonnante de s’adapter aisément au changement, pourvu que les parents en discutent avec eux à l’avance.
Il me semble déplorable que des parents agissent comme si leurs enfants avaient, seuls, l’obligation de s’adapter à leur environnement.
IX : Les inévitables conflits entre parents et enfants : qui devrait gagner ?
•La nature du conflit
Non seulement ces conflits entre les besoins des parents et les besoins de l’enfant sont inévitables dans toutes les familles, mais il est certain qu’ils se produiront fréquemment.
Un conflit est un moment de vérité dans une relation, une vérification de son état de santé.
Les conflits peuvent amener les gens à se séparer ou à se rapprocher dans une union plus intime. Les conflits contiennent le germe de la construction et le germe d’une plus grande unité ; ils peuvent amener la guerre ou une plus grande compréhension mutuelle.
Lorsque deux personnes (ou deux groupes) entrent en contact, il doit inévitablement se produire des conflits, tout simplement parce que les personnes sont dissemblables, pensent différemment, ont des besoins contraires et veulent des choses, qui parfois, sont incompatibles.
Les conflits, s’ils sont exprimés et acceptés comme un phénomène naturel, sont beaucoup plus sains pour les enfants que la plupart des parents ne le pensent.
Les conflits familiaux peuvent en effet être bénéfiques pour l’enfant comme préparation pour ce qu’il rencontrera inévitablement en dehors de la maison, pourvu que les conflits que chez lui aient été résolus de façon constructive.
Le facteur le plus important de toute réaction, c’est la façon dont on règle les conflits et non le nombre de conflits qui se produisent.
Lorsqu’il se produit un conflit entre les parents et les enfants, la plupart des parents essaient de le résoudre en leur faveur ; de cette façon, les parents gagnent et les enfants perdent.
D’autres parents, moins nombreux que les « gagnants », cèdent régulièrement à leurs enfants par crainte de soulever des conflits ou de frustrer leurs enfants de certains besoins. Les enfants gagnent et parents perdent.
Les parents d’aujourd’hui se trouvent coincés dans ce dilemme parce qu’ils ne voient que ces deux approches « gagnant ou perdant ».
Lorsque dans un conflit, le parent impose sa solution, l’enfant sera très peu motivé à appliquer la décision, car il n’y aura pas participé, il n’aura pas été impliqué dans ce choix.
La rancune et la haine remplacent l’amour et l’affection.
Chaque fois qu’on oblige un enfant à faire quelque chose en employant la force ou l’autorité, on prive cet enfant d’une chance de développer son autodiscipline et son sens de la responsabilité.
X : Le pouvoir des parents : nécessité ou justification ?
Selon l’une des croyances les plus universellement ancrées au sujet de l’éducation des enfants, il est souhaitable et même nécessaire que les parents emploient leur autorité pour contrôler, diriger et dresser les enfants.
•Qu’est-ce que l’autorité ?
La relation entre parent et enfant revêt la caractéristique suivante : les parents ont une plus grande « taille psychologique » que l’enfant.
Les parents ont un pouvoir sur leurs enfants parce que ceux-ci dépendent d’eux pour la satisfaction de leurs besoins primaires.
Les psychologues emploient le terme « punition » pour désigner l’opposé de la récompense.
C’est un fait reconnu, le pouvoir produit des résultats.
•Les limites du pouvoir des parents
Les parents croient que la révolte et l’hostilité des adolescents sont des caractéristiques inévitables de ce stade de leur développement.
Je pense que cette interprétation n’est pas valable ; cette réaction se produit beaucoup plus parce que l’adolescent devient plus capable de résister et de se rebeller. Ces parents ne peuvent plus le contrôler par les récompenses, car il n’en a plus un aussi grand besoin ; et l’adolescent devient immunisé contre les menaces de la punition parce qu’il reste peu de choses que les parents peuvent faire pour lui infliger une douleur ou un malaise.
•L’usage du pouvoir exige des conditions strictes
Et voici le paradoxe étrange que nous observons à chaque fois : les parents se souviennent de ce qu’ils ressentaient dans leur enfance fasse à l’usage du pouvoir, mais ils l’oublient lorsqu’ils emploient ce pouvoir sur leurs propres enfants.
•Ressentiment, rancune, colère, hostilité
Les enfants éprouvent de la rancune envers ceux qui exercent un pouvoir sur eux. Ils trouvent ce procédé déloyal et souvent injuste.
•Agressivité, vengeance, contre-attaque
La domination des parents frustre presque toujours les besoins de l’enfant ; et comme la frustration mène souvent à l’agressivité, les parents qui détiennent l’autorité peuvent s’attendre à voir leurs enfants montrer de l’agressivité.
Il ne fait aucun doute que beaucoup d’actes agressifs comme le vandalisme sont motivés par un désir de vengeance.
•Mensonge, dissimulation des sentiments
Certains enfants apprennent très tôt qu’en mentant ils peuvent éviter beaucoup de punitions.
•Blâme des autres, délation, tricherie
Les parents veulent que leurs enfants adoptent un comportement coopératif, mais en employant des récompenses et des punitions ils suscitent un comportement compétitif, de la rivalité, des querelles, des dénonciations entre frères et soeurs.
•Domination, brutalité
En employant leur propre autorité pour diriger et contrôler leurs enfants, les parents prennent, à leur insu, le risque d’élever des enfants qui seront autoritaires avec leurs camarades.
•Besoin de gagner, horreur de perdre
Un climat familial fortement orienté vers les récompenses risque d’être plus dommageable pour les enfants qui ne peuvent pas les gagner que pour ceux qui y parviennent facilement.
•Formation d’alliances, organisation contre les parents
Les enfants apprennent que « l’union fait la force », qu’ils peuvent « s’organiser ».
•Soumission, complaisance, servilité
Ce sont ces enfants qui sont les plus traumatisées par l’emploi que les parents font de leur pouvoir, car ils conservent toute leur vie une crainte profonde des personnes en position d’autorité, peu importe où ils les rencontrent. Ils demeurent enfants toute leur vie, même à l’âge adulte : ils se soumettent passivement à l’autorité, renient leurs propres besoins, ont peur d’être eux-mêmes, craignent les conflits et restent trop complaisants pour défendre leurs propres convictions.
•Courtisanerie, courbettes, flatterie
Bien que certains enfants puissent devenir très habiles à sécuriser les adultes, les autres enfants éprouvent malheureusement une forte rancune à leur égard; les « courtisans » sont très souvent rejetés et ridiculisés par leurs camarades qui envient leur traitement privilégié.
•Conformiste, manque de créativité, peur d’essayer de nouvelles choses, besoin d’encouragement répété, nécessité d’un succès préalablement assuré
L’autorité des parents donne souvent naissance au conformiste plutôt qu’à la créativité chez les enfants.
•Repliement sur soi, évasion, rêverie, régression
Lorsque les enfants trouvent trop difficile de faire face à l’autorité des parents, ils peuvent essayer de s’échapper et de fuir.
•Les enfants ne recherchent-ils pas l’autorité ?
Le bon sens et l’expérience nous font voir que les enfants cherchent des limites dans leurs relations avec leurs parents. Ils ont besoin de savoir clairement jusqu’où ils peuvent aller avant que leurs comportements ne viennent inacceptables.
Les enfants ont besoin de connaître les sentiments qu’éprouvent leurs parents face à leur comportement et ils recherchent cette information afin de pouvoir modifier leur façon d’agir lorsqu’elle devient inacceptable pour leurs parents. Quoi qu’il en soit, les enfants ne veulent pas que leurs parents essaient de restreindre ou de modifier leur comportement en employant leur autorité ou en menaçant de le faire. En somme, les enfants veulent limiter eux-mêmes leur attitude s’il leur apparaît que leur comportement doit être freiné ou modifié. Les enfants, tout comme les adultes, préfèrent garder une certaine autonomie.
•L’autorité n’est-elle pas une manière efficace, si les parents sont constants ?
La constance s’avère essentielle s’ils choisissent d’employer le pouvoir et l’autorité. De plus, les enfants préfèrent que leurs parents soient constants, si ces derniers choisissent d’employer le pouvoir et l’autorité.
Mais les parents n’ont-ils pas la responsabilité d’influencer les enfants ?
Le pouvoir fortifie ses propres victimes, crée sa propre position, sème sa propre destruction.
Il est paradoxal, mais vrai que les parents perdent de l’influence en employant le pouvoir et qu’ils auront plus d’emprise sur leurs enfants en renonçant à leur pouvoir ou en refusant de l’employer.
Il est évidant que les parents auront plus d’influence sur leurs enfants s’ils emploient des méthodes qui ne provoquent pas de résistance ni de révolte.
Pourquoi a-t-on persisté à employer le pouvoir dans l’éducation des enfants ?
Les parents détestent tous faire usage de pouvoir avec leurs enfants. Ils se sentent mal à l’aise et souvent coupables d’agir ainsi. Il est fréquent que des parents s’excusent auprès de leurs enfants après avoir employé leur pouvoir.
Les parents persistent à employer le pouvoir parce qu’ils ne connaissent pas et n’ont pas expérimenté d’autres méthodes pour résoudre les conflits dans les relations humaines.
XI / La méthode« sans perdant » pour résoudre les conflits
Les deux gagnent puisque la solution doit être acceptable pour les deux.
Il n’est point besoin de faire appel au pouvoir pour forcer l’acceptation, puisque personne n’oppose de résistance à la décision.
C’est une façon d’établir ensemble une solution acceptable à la fois par le parent et par l’enfant; il ne s’agit pas d’une méthode pour déterminer une réponse « préfabriquée » qui soit «la bonne» pour toutes les familles.
Les parents ont seulement besoin d’apprendre une méthode pour résoudre les conflits, une méthode qui peut s’employer avec les enfants de tout âge.
L’enfant est motivé à appliquer la solution
La troisième méthode pour la résolution des conflits donne à l’enfant un plus grand degré de motivation dans l’application des décisions parce qu’elle emploie le principe de la participation.
Une personne est plus motivée à appliquer une décision à laquelle elle a participé qu’une décision qui lui est imposée par une autre personne.
La troisième méthode donne à l’enfant le sentiment de s’engager à quelque chose ; il met une partie de lui-même dans le processus de résolution du problème. Les parents pour leur part démontrent par leur attitude qu’ils ont confiance que l’enfant respectera l’entente. Lorsque les enfants sentent qu’on leur fait confiance, ils sont beaucoup plus portés à agir de façon responsable.
La troisième méthode développe les capacités de penser de l’enfant. Elle fait appel à son imagination et à son jugement.
Lorsque deux personnes « s’entendent » sur une solution, le ressentiment et l’hostilité se font rares. Dans les faits, lorsqu’un parent et un enfant font face à un conflit, ils « négocient » et en arrivent à une solution satisfaisante ; ils éprouvent souvent des sentiments de tendresse et d’affection.
La troisième méthode demande très peu de rappels, car une fois que les parents et les enfants se sont entendus sur une solution acceptable, ils l’appliquent généralement.
La troisième méthode élimine le besoin de pouvoir.
Ne faisant pas de perdant, la troisième méthode rend inutile l’emploi du pouvoir par le parent ou l’enfant.
Les parents et les enfants ne se combattent pas les uns les autres, mais plutôt travaillent ensemble à une tâche commune.
Les parents respectent les besoins des enfants. Les parents respectent aussi ses besoins personnels.
Ils y voient des conséquences valables et intéressantes : en effet, ils ont ainsi la chance d’élever des enfants qui auront moins besoin de mécanismes d’adaptation qui les rendraient défensifs et leur causeraient du tort.
La troisième méthode traite les problèmes des enfants. La troisième méthode propose en fait un processus de résolution des problèmes : elle permet généralement aux parents et à l’enfant de définir le véritable problème ; on augmente ainsi les chances de parvenir à une solution qui va résoudre le vrai problème, et le « problème prétexte », qui bien souvent ne sert que d’entrée en matière.
Une fois qu’on a découvert les vrais besoins de l’enfant par un processus de résolution du problème, et qu’on a trouvé une solution appropriée à ses besoins, le problème disparaît aussitôt que les besoins temporaires de l’enfant sont satisfaits.
XII : Les craintes et les préoccupations des parents au sujet de la méthode « sans perdant »
Les parents éprouvent de la difficulté à imaginer la possibilité que dans un conflit les deux parties puissent obtenir gain de cause.
Employer la troisième méthode signifie négocier en prolongeant la conversation jusqu’à ce que l’on découvre une solution qui satisfasse à la fois les besoins du parent et ceux de l’enfant.
La troisième méthode provoque un changement radical d’attitude chez les enfants et les parents. Sachant que les parents ont renoncé à employer le pouvoir pour avoir raison, pour gagner aux dépens des enfants en ne respectant pas leurs besoins, ces enfants n’ont plus à insister pour triompher ni à se défendre vigoureusement contre le pouvoir des parents. En conséquence, les grands conflits disparaissent presque totalement.
Lorsque l’un ou l’autre rencontre des difficultés à concilier, il le voit beaucoup plus comme un problème à régler que comme une bataille à livrer.
Beaucoup de parents ne se rendent pas compte au début que la méthode sans perdant fait appel à la sagesse du parent combinée à celle de l’enfant.
Il est possible d’employer la troisième méthode avec les très jeunes enfants, mais il est même important de commencer à l’employer alors qu’ils sont très jeunes. Plus les parents l’appliquent tôt, plus l’enfant apprend tôt à établir des rapports démocratiques avec les autres, à respecter leurs besoins, à prendre conscience de ses propres besoins et à se rendre compte des situations.
Lorsqu’ils y pensent sérieusement, la plupart des parents se rendent compte qu’ils ne peuvent pas exiger que quelqu’un les respecte, mais qu’ils doivent mériter ce respect. Si leurs capacités et leurs connaissances méritent du respect, leurs enfants vont les respecter.
Avec la troisième méthode, les enfants perdent le respect « fondé sur la peur », c’est vrai ; mais un parent a-t-il perdu quelque chose lorsqu’il a gagné une forme de respect beaucoup plus appréciable ?
XIII : L’application de la méthode « sans perdant »
Les parents qui ont le mieux réussi leurs premières applications de la méthode sans perdant sont ceux qui ont suivi notre conseil de s’asseoir avec leurs enfants et de leur expliquer en quoi consiste cette approche.
L’écoute active reste un outil très efficace pour aider un jeune à se confier et à révéler ses besoins réels et ses sentiments véritables. Une fois que le parent a compris ses réactions, il lui apparaît assez facile de les satisfaire en trouvant une solution qui ne comportera pour lui aucun élément inacceptable.
L’écoute active est importante pour faire savoir aux enfants que leurs propositions de solutions sont comprises et acceptées comme des propositions faites de bonne foi, et que leurs idées et leurs évaluations des solutions proposées sont désirées et acceptées.
C’est par ce moyen que le parent peut faire connaître à l’enfant ce que le parent ressent, sans attaquer la personne de l’enfant ou le diminuer, sans le blâmer.
Nous nous efforçons de les convaincre qu’en tant que parents ils ont des droits. Ou encore nous leur rappelons que toujours céder à leurs enfants rend ces derniers égoïstes et sans considération.
Les parents croient qu’ils doivent jouer les rôles de juges et d’arbitre, qu’ils ont la responsabilité de recueillir les faits, d’établir qui a tort, qui a raison et de décider de la bonne solution.
Elle joue aussi un rôle important pour amener les enfants à développer leur maturité, leur responsabilité, leur autonomie et leur capacité d’autodiscipline.
En s’imposant comme arbitres, ils privent les enfants d’une occasion d’assumer leur responsabilité, de s’occuper de leurs conflits et d’apprendre à les résoudre par leurs propres efforts. Les parents empêchent leurs enfants de grandir et de mûrir, et cette attitude peut créer chez eux une dépendance permanente, et les amener à se fier à une autorité extérieure pour régler leurs conflits à leur place.
Certains parents qui ont connu des échecs nous ont rapporté que leurs enfants ont tout simplement refusé de se prêter à la résolution de conflit sans perdant.
XIV : Comment éviter d’être congédié par ses enfants
Les parents sont congédiés par leurs enfants lorsqu’ils les harcèlent et les sermonnent pour leur faire changer d’idées et de valeurs auxquelles ces jeunes tiennent.
Lorsque se présentent des conflits familiaux concernant des valeurs, des idées ou des goûts personnels, les parents devront les traiter différemment, car souvent les enfants ne sont pas disposés à négocier sur ces sujets ni à participer à une recherche de solution.
Si les parents se limitaient à vouloir modifier les comportements qui portent atteinte à leurs besoins, il se produirait beaucoup moins de rébellion, moins de conflits, moins de relations détériorées entre parents et enfants. Sans justification valable, trop de parents critiquent, cajolent et harcèlent leurs enfants pour les amener à changer d’attitudes qui ne les affectent d’aucune façon concrète ou tangible. Pour se défendre, les enfants contre-attaquent, résistent, se rebellent ou s’en vont.
Les enfants ne se révoltent pas contre les adultes, ils se révoltent contre les tentatives des adultes qui portent atteinte à leur liberté. Les jeunes se révoltent contre les tentatives que déploient les adultes pour les changer, les rendre conformes aux images qu’ils se font d’eux ; ils se rebellent contre le harcèlement des adultes, ils résistent aux adultes qui veulent leur imposer des valeurs qui ne sont pas les leurs.
Les parents ne peuvent pas faire autrement que d’enseigner leurs valeurs à leurs enfants ; inévitablement, ceux-ci vont apprendre les valeurs de leurs parents en observant leurs agissements et en les écoutant parler.
« Fais ce que je fais » aura au contraire de grandes chances de changer ou d’influencer un enfant.
Les parents transmettent des valeurs à leurs enfants en les mettant en pratique dans leur propre vie, non pas en essayant de les leur imposer.
Bien des parents désapprouvent certains comportements au point de ne pas vouloir renoncer à leurs tentatives d’influencer leurs enfants.
XV : Les parents peuvent éviter les conflits en se transformant eux-mêmes
Les parents doivent faire abstraction de leurs propres désirs, et leurs actions n’être dirigées que vers un seul but : le développement de la croissance, moral et physique, des enfants.
Trop de parents souhaitent que leurs enfants réalisent des études, des écoles, que eux n’ont pas eu la chance de suivre. Certains parents rêvaient par exemple de passer un bts, ou une université, ou encore une grande école de commerce.
Les parents auraient avantage à réaliser qu’ils peuvent réduire le nombre de comportements qu’ils trouvent inacceptables en se modifiant eux-mêmes de façon à devenir plus tolérants envers les attitudes de leurs enfants ou des enfants en général.
Quand un parent voit son enfant comme une personne distincte, et même très différente et qui n’est pas du tout sa « propriété », il démontre tout naturellement beaucoup plus d’acceptation du comportement de cet enfant puisqu’il ne fixe pas de moule ou de modèle préconçu à suivre. Le parent peut plus facilement accepter son enfant comme un être unique et lui permettre de devenir ce qu’il est destiné à être selon son propre potentiel.
Chaque personne peut permettre à l’autre d’être autonome et « distincte ». Plus cette attitude de « personne distincte » existe, moins on éprouve le besoin de changer l’autre, d’être intolérant à l’égard de ses particularités ou de manifester de l’inacceptation devant ses comportements.
Un enfant a le droit de devenir ce qu’il est capable d’être, différent de ses parents ou des plans qu’ils ont tracés pour lui. Ce droit est tout à fait légitime et inaliénable.
La connaissance vaut mieux que l’ignorance, or la personne qui a accumulé des connaissances n’a pas automatiquement acquis la sagesse.
Beaucoup de parents contemporains se tournent vers leurs enfants plutôt que vers leur conjoint pour établir une relation privilégiée.
Les parents efficaces sont plus souvent amusés que décourager par l’immaturité où les travers de leurs enfants.
Leurs idées et leurs points de vue ne sont ni jugés ni évalués ; le moniteur n’est pas là pour les critiquer.